L’autisme est une variation neurologique naturelle. Les cerveaux et les systèmes nerveux autistes fonctionnent différemment des autres cerveaux et systèmes nerveux.
Cette variation s’exprime de plusieurs façons.
Les perceptions sensorielles autistes
Les autistes peuvent avoir des perceptions sensorielles intenses (hypersensorialité) ou des perceptions sensorielles minimes (hyposensorialité). Chez une même personne, elles peuvent être intenses pour un des sens (la vue, par exemple); et minimes pour un autre, (l’ouïe).
L’hypersensorialité et l’hyposensorialité peuvent être à la fois quantitatives (des sons trop forts ou trop faibles) ou qualitatives (certains sons sont particulièrement agressants ou recherchés).
Elles peuvent aussi varier dans le temps et en fonction des contextes (les cerveaux et systèmes nerveux sont des choses complexes).
Outre les cinq sens bien connus (la vue, l’ouïe, l’odorat, le goûter, le toucher), l’hypersensorialité et l’hyposensorialité peuvent aussi concerner, entre autres, les sens suivants:
- L’intéroception (la perception des sensations internes du corps comme la faim, les battements de cœur, etc.);
- La proprioception (la perception de son corps dans l’espace sans recours à la vue);
- La thermosensation (la perception des variations de température);
- La nociception (la perception des signaux d’agression pouvant indiquer une attaque du système nerveux);
- Le sens de l’équilibre;
- La perception du temps.
Le langage et la parole chez les autistes
Côté apprentissage du langage, certaines personnes autistes l’acquièrent particulièrement rapidement; alors que d’autres l’acquièrent tardivement.
Pour les personnes qui l’acquièrent tardivement, il arrive parfois qu’elles se mettent à parler ou à écrire des phrases complètes, mêmes complexes, du jour au lendemain.
Pour certaines personnes autistes, l’usage de la parole est impossible ou difficile. Certaines personnes autistes sont non oralisantes, alors que d’autres oralisent à certains moments et pas à d’autres.
Les personnes autistes qui n’oralisent pas ou parfois peuvent avoir recours à des outils de communication améliorée et alternative (écriture, symboles, gestuelle, synthèse vocale, etc.) pour communiquer.
L’intonation et le ton de la voix de plusieurs autistes peuvent varier énormément, allant du très monotone et très lent au très rapide et très chantant.
La communication autiste
Les autistes ont tendance à interpréter les mots dans leur sens littéral, au premier degré. Les figures de styles, l’ironie, le sarcasme, les sous-entendus peuvent être difficiles à comprendre et à interpréter.
Les autistes préfèrent une communication claire et directe, qui va droit au but.
Le bavardage, parler de la pluie et du beau temps, ne fait pas de sens pour beaucoup d’autistes.
L’écholalie, la répétition de mots, de phrases ou de sons entendus est une pratique courante dans l’autisme.
Le langage non verbal peut être difficile pour les autistes, que ce soit dans sa compréhension ou sa production.
Certaines personnes autistes requièrent plus de temps que d’autres pour interpréter ce qu’on leur dit et pour énoncer ce qu’ielles ont à dire.
Les interactions sociales autistes
Regarder dans les yeux peut être particulièrement dérangeant pour plusieurs autistes.
Une grande partie des autistes gèrent difficilement les interactions de groupe et préfèreront interagir avec une seule personne à la fois.
Même pour celleux qui apprécient les interactions sociales, ces dernières sont souvent une source de fatigue intense et requièrent une période de repos par la suite afin de récupérer.
Plusieurs personnes autistes peinent à comprendre les règles sociales et culturelles tacites et implicites qui définissent les relations sociales telles que les vivent les non-autistes.
Des interactions de type «jeu parallèle» peuvent être appréciées par plusieurs autistes. Sinon, une connexion en fonction des intérêts spécifiques est souvent appréciée.
Plusieurs autistes marqueront leur compréhension de la réalité de l’autre en rapportant une expérience similaire.
Les intérêts spécifiques autistes
Plusieurs autistes ont des intérêts spécifiques auxquelles ielles s’intéressent avec beaucoup d’attention et de concentration. Ces intérêts peuvent retenir leur attention durant toute leur vie. Pour d’autres, les intérêts spécifiques sont plus cycliques, l’attention de portant sur un ou quelques intérêt pendant une période plus ou moins longue, puis passant à d’autres intérêts.
L’inertie autiste
Plusieurs autistes auront de la difficulté à passer d’une tâche à une autre et requièrent une période plus ou moins longue de transition entre celles-ci.
Les autistes apprécieront souvent avoir des routines. La prévisibilité de ces dernières peut être très apaisante.
Les imprévus et les surprises sont souvent difficiles à gérer pour les autistes.
Contrôle moteur autiste
Les autistes ont souvent des difficultés liées au contrôle moteur, que ce soit l’équilibre, la posture, la coordination, la motricité fine, la capacité à prévoir des mouvements complexes, la coordination entre la vue et le mouvement, etc.
Les stéréotypies autistes
On peut remarquer, chez plusieurs autistes, des mouvements répétitifs, comme le battement des mains ou des sautillements sur place. Ces mouvements ont généralement un effet apaisant et peuvent aider à surmonter une surcharge sensorielle, émotionnelle ou cognitive.
Les émotions autistes
Plusieurs autistes peinent à reconnaître et à interpréter les émotions, que ce soit les leurs ou celles des autres. Ielles peuvent aussi avoir besoin d’un moment plus ou moins long pour les comprendre. L’expression des émotions autistes peut être différente et unique.
Certaines personnes autistes sont particulièrement sensibles aux émotions des autres, ce qui peut être une source de surcharge.
Le développement autiste
L’acquisition d’habiletés langagières, cognitives, sociales, émotionnelles, communicationnelles, etc. varient beaucoup chez les autistes, de mêmes que les modes d’acquisition (imitation, lecture, enseignement, expérimentation, réflexion, etc.).
Le monotropisme
Le monotropisme renvoie à un type d’attention qui se concentre sur un petit nombre de choses à la fois, ce qui laisse moins d’énergie pour gérer, interpréter, comprendre d’autres informations, stimulus, etc.
Le monotropisme peut expliquer les intérêts spécifiques (on se concentre sur une chose précise), mais aussi les surcharges sensorielles (l’attention autiste ne permet pas de nombreux stimulus en même temps et leur présence épuise et surcharge le cerveau).
Le monotropisme expliquerait aussi pourquoi plusieurs autistes portent d’abord leur attention sur les détails avant de considérer et de comprendre l’ensemble.
Bibliographie
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